Les indicateurs de la conjoncture éconmique et sociale - 3e trimestre 2010
Les indicateurs de la conjoncture économique et sociale
Février 2011
SOMMAIRE
1. LA CROISSANCE ECONOMIQUE (EVOLUTION DU PIB)
1.1. Le taux de croissance annuelle du PIB
1.2. Les prévisions de croissance
1.3. Le taux de croissance trimestrielle
2. EVOLUTION DE LA PRODUCTION PAR SECTEUR
2.1. La production industrielle
2.1.1. Taux de croissance trimestrielle
2.1.2. Taux de croissance annuelle
2.2. La branche des services marchands
2.2.1. Taux de croissance trimestrielle
2.2.2. Taux de croissance annuelle
2.3. La branche agriculture
2.3.1. Taux de croissance trimestrielle
2.3.2. Taux de croissance annuelle
3. DEMOGRAPHIE ET ACTIVITE DES ENTREPRISES
3.1. Les créations d'entreprises
3.1.1. Evolution du nombre de créations d'entreprises
3.1.2. Evolution trimestrielle des créations d'entreprises
3.2. Défaillances d'entreprises
3.2.1. Evolution annuelle
3.2.2. Evolution mensuelle
3.2.3. Evolution trimestrielle3.3. La valeur des commandes reçues par les entreprises industrielles
3.3.1. Evolution de l'indice des commandes reçues
3.3.2. Evolution par branche industrielle
4. LE MARCHE DU TRAVAIL
4.1. L'emploi salarié : vue globale
4.1.1. Evolution du nombre d'emplois
4.1.2. Taux de croissance de l'emploi
4.1.3. Destruction/création d'emplois
4.1.4. Croissance du PIB et de l'emploi4.2. Emploi salarié : évolutions par branche d'activité
4.2.1. Variations trimestrielles en nombre d'emploi
4.2.2. Taux de croissance trimestriel par branche
4.2.3. Variation annuelle de l'emploi par branche4.3. Les heures supplémentaires
4.3.1. Evolution trimestrielle des heures supplémentaires
4.3.2. Evolution du nombre d'heures supplémentaires par salarié4.4. Le chômage
4.4.1. Taux de chômage
4.4.2. Taux de chômage par sexe et âge des chômeurs4.5. Demandeurs d'emploi
4.5.1. Evolution du nombre de demandeurs d'emploi par catégorie
4.5.2. Croissance mensuelle des demandeurs d'emploi en 2010
5. POUVOIR D'ACHAT, SALAIRES, INFLATION
5.1. Taux d'inflation
5.2. Salaires et pouvoir d'achat5.2.1. Croissance du salaire mensuel brut et du salaire horaire des ouvriers
5.2.2. Le pouvoir d'achat du salaire
5.2.3. Le pouvoir d'achat du Revenu disponible brut
INTRODUCTION
Nous vous présentons notre deuxième tableau de bord trimestriel, établi par Djamel Messaoudi, docteur en économie et chargé d'étude à l'ORSEU. Ce tableau de bord s'appuie sur les statistiques du 3ème trimestre 2010 et sur quelques statistiques déjà disponibles du 4ème trimestre.
La croissance est plutôt plus molle en France que dans les autres pays développés, avec une prévision 2010 à 1,6%. Cette croissance est tirée par les seuls services, l'industrie et l'agriculture étant même en recul au 3ème trimestre.
Cette croissance faible ne permet pas d'améliorer la situation de l'emploi. De plus, dans les services, l'emploi progresse moins vite que la production. Ceci confirme ce que nous constatons sur le terrain : le secteur banque assurance, comme le commerce s'efforcent de générer des gains de productivité en cette période. Si la crise n'est plus en phase aigue, l'économie ne repart pas vraiment, et l'emploi encore moins. Le taux de croissance de l'emploi est de l'ordre de 0,2% à comparer aux 1,6% de croissance. L'industrie, qui n'a pas encore retrouvé son niveau de commande d'avant 2008, a encore perdu 66 000 emplois en 2010. Les heures supplémentaires continuent de représenter 110 000 emplois en équivalent temps plein. Le contraste est frappant avec l'Allemagne dont la reprise industrielle tire la croissance et qui a amorti le choc de la crise en recourant massivement au chômage partiel.
Les défaillances d'entreprises sont en léger recul par rapport à 2009 qui avait constitué un niveau historique. Elles restent supérieures d'environ 20% au niveau d'avant crise. Simultanément, le niveau de création d'entreprises progresse très peu, hors le phénomène artificiel et inquiétant des auto-entrepreneurs. Les créations d'entreprises sont à un niveau également inférieur d'environ 20% à celui d'avant crise. Les 2 phénomènes cumulés sont particulièrement inquiétants.
Enfin le pouvoir d'achat est en quasi stagnation, en hausse de 0,2% sur les 9 premiers mois de 2010. La légère reprise de l'inflation au 4ème trimestre fait craindre un résultat annuel médiocre.
La faible croissance ne profite donc que très peu à l'emploi et aux salaires.
Jean-Pierre Yonnet
1. La croissance économique (évolution du PIB)
1.1. Le taux de croissance annuelle du PIB
Après un recul de 2,5% en 2009, la croissance économique devrait atteindre 1,6% en 2010 selon les prévisions de l'INSEE.
Pour 2011 et 2012, les prévisions du gouvernement sont trop optimistes selon le FMI. Pour Bercy, la croissance française sera de 2% et 2,5% pour les deux années à venir, alors que le FMI et l'Eurostat prévoient une croissance de 1,6% (tableau ci après).
La demande interne (consommation et investissement) reste le principal ressort de la croissance, tandis que le commerce extérieur devrait y contribuer négativement. Cependant, l'austérité budgétaire et fiscale envisagée par le gouvernement risque de fragiliser la demande interne à l'horizon 2012.
1.2. Les prévisions de croissance
1. Prévisions de croissance pour 2010-2011
Les prévisions de croissance sont revues à la hausse par l'ensemble des institutions et pour l'ensemble des pays hormis les USA pour lesquels la croissance devrait être moins forte que prévue (2,8% contre 3% prévue initialement).
La croissance française doit s'établir à 1,6% en 2010 contre 1,4% prévue initialement par le FMI.
Tirés par une solide reprise du commerce international, certains pays comme l'Allemagne et le Japon bénéficient d'une forte croissance en 2010. Par ailleurs, il faut souligner que ces pays ont subi une sévère récession en 2009. Leur forte croissance en 2010 s'explique, en partie, par un rattrapage plus important. À horizon 2011 leur croissance doit se replier. La fin du rattrapage économique et l'effet des politiques d'austérité expliquent ce repli.
1.3. Le taux de croissance trimestriel
Au 3e trimestre 2010, le PIB a progressé de 1,7% comparativement au même trimestre de 2009.
Pendant ce trimestre, la croissance s'est ralentie (graphique 2). Le PIB n'a augmenté que de 0,3% contre 0,6% au 2e trimestre. Ce ralentissement s'est traduit dans les chiffres du chômage : la baisse du taux de chômage depuis deux trimestres consécutifs est interrompue au 3e trimestre (voir plus loin).
Le ralentissement de la croissance caractérise l'ensemble des économies avancées. En Europe par exemple, le PIB augmente de 0,4% contre 1% au trimestre précédent.
En revanche, les prévisions pour la fin de l'année sont plutôt optimistes. L'INSEE prévoit une croissance au 4e trimestre de 0,5%.
La consommation des ménages et l'investissement des entreprises sont la locomotive de la croissance en France avec une progression de 0,5% chacun. Le commerce extérieur demeure déficitaire avec -0,4 points du PIB (contre -0,3 points le trimestre précédent).
2. Evolution de la production par secteur
2.1. La production industrielle
2.1.1. Taux de croissance trimestriel
Après 4 trimestres de hausse, la production industrielle subit un sérieux coup de frein au cours du 3e trimestre. Elle diminue légèrement de -0,1% par rapport au trimestre précédent.
Les branches d'activités qui ont le plus contribué à la diminution de la production industrielle sont les Biens d'équipement, les Biens intermédiaires et l'Energie. Il faut noter que ces trois branches ont réalisé une croissance significative au 2e trimestre (2% en moyenne contre 0,7% pour l'ensemble de l'économie). La baisse enregistrée en septembre peut s'expliquer par le ralentissement de la demande entre juillet et aout qui est une période moins propice pour certaines activités.
En revanche, les biens de consommation et l'industrie automobile ont affiché une croissance honorable : 0,9% et 1,6%.
Ce contraste entre les branches est le reflet de l'évolution de leur carnet de commande (voir plus loin). La branche des biens de consommation et l'automobile ont connu une croissance des commandes au 2e trimestre, ce qui s'est traduit par une hausse de la production au 3e trimestre. En revanche, les commandes en biens d'équipement ont diminué au cours des deux premiers trimestres et ne commencent à augmenter qu'au 3e trimestre. La production suit donc cette évolution. Elle devrait logiquement augmenter au 4e trimestre.
2.1.2. Taux de croissance annuel
En glissement annuel (comparativement à 2009), la production industrielle a augmenté tout au long de 2010 avec 3,5% en moyenne trimestrielle. Mais le volume de production est loin de rattraper celui d'avant crise. Nous estimons à 8% l'écart de production en 2010 contre la moyenne des années d'avant crise.
2.2. La branche des services marchands
2.2.1. Taux de croissance trimestrielle
La production dans la branche des services marchands continue sa croissance au 3e trimestre alors que l'industrie et l'agriculture voient leur production reculer.
Les ventes ont augmenté dans l'ensemble des branches de services pendant ce trimestre. Mais la plus forte augmentation est enregistrée par la branche des transports suivie par celles du commerce, des services aux entreprises et des services financiers.
En glissement annuel, la production de la branche tertiaire a progressé de 2,7%. Le niveau de production au 3e trimestre a rattrapé celui d'avant crise.
Sur le front de l'emploi, la croissance est moins forte que celle de la production. En effet, l'emploi n'a augmenté que de 0,4% au 3e trimestre contre 0,5% le trimestre précédent. Ceci inspire deux remarques :
1) l'écart entre la croissance de la production et celle de l'emploi signifie une croissance de la productivité dans les services. Elle progresse en moyenne de 1,4% en 2010 contre 1,1% en 2007. Notons qu'en 2008, elle recule de 0,5% et stagne en 2009.
2) La croissance de l'emploi est en retard par rapport à la production. Ce phénomène classique est surtout plus marquant pendant la crise avec un retard de l'emploi par rapport à la croissance du secteur de 2 trimestres. Ce retard ne se résorbe ni au 2e ni au 3e trimestre. Les entreprises de services sont plus frileuses à l'embauche alors que la reprise du secteur est suffisamment solide. L'industrie, qui est un marché important pour les services, se caractérise aussi par une conjoncture positive.
2.2.2. Taux de croissance annuel
Malgré une croissance positive depuis six trimestres, l'emploi dans les services peine à rattraper la production. L'écart entre l'emploi et la production, synonyme de gains de productivité, se creuse. Beaucoup d'entreprises auraient profité de la crise pour opérer un ajustement structurel de l'emploi à la production leur permettant de restaurer, en partie sans doute, leur compétitivité-coût.
2.3. La branche agriculture
2.3.1. Taux de croissance trimestrielle
Si l'agriculture est moins impactée par la crise comparativement aux autres branches, la reprise de la production agricole tarde à venir. Au contraire, on constate une diminution de la production depuis le début de l'année. Au troisième trimestre, la production se stabilise.
Outre les aléas climatiques, la morosité de l'activité agricole est sans doute à corréler avec l'évolution des prix de vente et les prix des intrants. En effet, l'indice des prix des produits alimentaires n'a augmenté que de 0,8% en 2010 alors que l'inflation globale a enregistré +1,6%. Autant dire que les prix des produits alimentaires ont stagné en 2010. On a même enregistré une diminution des prix de -1,3% au 3e trimestre.
Parallèlement, les prix des intrants comme l'énergie ou les engrais ont augmenté. En conséquence, les marges commerciales des agriculteurs se sont contractées.
Cependant, les prix de vente semblent se redresser en fin d'année, ce qui laisse présager un redressement de la production en 2011.
2.3.2. Taux de croissance annuelle
3. Démographie et activité des entreprises
3.1. Les créations d'entreprises
3.1.1. Evolution du nombre de créations d'entreprises
Après une forte diminution en 2009, le nombre de créations d'entreprises (hors auto-entrepreneurs) est en hausse en 2010 de 0,8%.
Au dernier trimestre de 2010, on a enregistré une augmentation du nombre de créations après deux trimestres de baisse.
En incluant le statut d'auto-entrepreneur, la hausse est beaucoup plus importante. Le nombre total des créations est de 7,2%. Le nombre d'auto-entrepreneurs quant à lui a progressé de 12% en 2010.
2. Variation des créations d'entreprises (cumul sur une année)
3.1.2. Evolution trimestrielle des créations d'entreprises
Les évolutions trimestrielles montrent que le 4e trimestre a connu une forte création d'entreprises. Mais si l'on compare avec le 4e trimestre de 2009, le nombre de créations est en diminution de -1,1%.
4. Répartition des créations par branche d'activité (hors auto-entrepreneurs)
3.2. Défaillances d'entreprises
3.2.1. Evolution annuelle
5. Cumul des défaillances d'entreprises (en date de jugement)
Plus de 100 000 entreprises ont été mises en redressement judiciaire ou en faillite entre 2008 et 2009.
En 2010, la tendance est globalement à la baisse. Sur les huit premiers mois, on enregistre une diminution de la sinistralité d'entreprises de 4,3%. En revanche, le mois d'août a connu un regain de défaillances avec + 12%.
L'ensemble des branches a connu une diminution de la sinistralité au cours des huit premiers mois sauf la branche des services financiers et celle des services sociaux et éducatifs. Pour la première branche, tout porte à croire que la correction du marché s'est poursuivie en 2010 avec un accroissement des défaillances de 9%. Concernant les services sociaux et éducatifs, la baisse de la demande s'est traduite par une mise en difficulté financière d'un grand nombre d'opérateurs notamment associatifs dont une partie de la demande est financée sur fonds publics.
Les activités immobilières enregistrent pour la première fois un recul des défaillances (-21%) après une progression continue depuis 2007. Il faut noter que le marché immobilier s'est redynamisé en 2010, ce qui s'est traduit non seulement par une diminution de la sinistralité des entreprises mais surtout par une forte création d'entreprises : +13% en 2010 après deux années de baisse.
Enfin, l'industrie, le commerce et les transports ont connu aussi une nette diminution des défaillances (-14%, -3% et -1% respectivement). Parallèlement, le nombre de créations d'entreprises a augmenté dans ces branches de 8%, 1% et 15% respectivement.
Rappelons que ces tendances au recul des défaillances concernent les 8 premiers mois de 2010, alors que nous constatons une forte hausse au mois d'aout (graphique ci après). Il convient donc d'attendre les chiffres de décembre pour avoir une idée précise sur la tendance globale de 2010.
3.2.2. Evolution mensuelle
Après une hausse au premier trimestre, le nombre de défaillances diminue à partir de mars et se stabilise autour de 4200 défaillances mensuelles jusqu'au juillet. En août, ce nombre bondit à 4700, soit + 12%.
La construction, le commerce et les services aux entreprises sont les branches qui ont le plus contribué à cette hausse en août.
3.2.3. Evolution trimestrielle
3.3. La valeur des commandes reçues par les entreprises industrielles
3.3.1. Evolution de l'indice des commandes reçues
L'indice des commandes évolue positivement en 2010. Sur les 11 premiers mois, l'indice progresse de 18,5% alors qu'en 2009 et en 2008 il affiche une croissance négative de -18,5% et -5,2%.
L'amélioration de cet indice confirme donc la consolidation de la demande. Cela est dû en grande partie à une nette augmentation des commandes à l'exportation notamment en zone euro. La demande étrangère des biens manufacturiers français est en hausse de 10,7%. Celle provenant de nos voisins européens a augmenté de 21% en 2010.
Après un premier trimestre en baisse, le carnet de commandes dans l'industrie commence à s'étoffer à partir du 2e semestre.
En novembre, le secteur de l'industrie affiche une croissance de 2,4% par rapport à septembre et +7,8% par rapport au même mois de l'année précédente.
3.3.2. Evolution par branche industrielle
8. Evolution des commandes en valeur reçues dans l'industrie (en CVS-CJO, base 100 en 2005
4. Le marché du travail
4.1. L'emploi salarié : vue globale
4.1.1. Evolution du nombre d'emplois
Le troisième trimestre confirme la tendance générale à l'accroissement de l'emploi après une année 2009 exsangue. Selon les données de l'INSEE, l'emploi salarié en France a augmenté de 0,2% au 3e trimestre, soit la même croissance qu'au 2e trimestre.
4.1.2. Taux de croissance de l'emploi
Le volume de l'emploi est loin de son niveau d'avant crise. Malgré des créations nettes dans les services, la hausse compense à peine les destructions enregistrées dans l'industrie et l'agriculture.
En effet, il y a eu moins de destructions d'emplois dans l'industrie au 3e trimestre mais les créations dans les services ont diminué considérablement : les destructions d'emplois industriels étaient de 18 000 au 3e trimestre contre 20 000 au 2e trimestre. Par contre, les services ont créé 44 000 emplois au 3e trimestre contre 55000 emplois le trimestre précédent.
Tout compte fait, le solde entre les créations et les destructions est positif. L'emploi augmente donc légèrement. Mais cela n'est pas suffisant pour faire baisser le chômage. Celui-ci se stabilise au 3e trimestre à 9,3% de la population active (cf. plus loin).
4.1.3. Destruction/création d'emplois
Malgré le ralentissement de la croissance économique au 3e trimestre (elle passe de 0,6% à 0,3% entre le 2e et le 3e trimestre), l'emploi continue de croître avec le même rythme (0,2%).
Certains observateurs estiment que les entreprises ont largement ajusté l'emploi à l'activité en 2009 en mettant en place des plans sociaux. La reprise économique de 2010 et l'accroissement des commandes a permis d'absorber une grosse partie de l'excédent des capacités de production et des stocks.
Actuellement, on constate des tensions sur le marché du travail dans certains secteurs et pour certaines qualifications. L'indicateur de tensions (rapport entre les offres et les demandes d'emplois enregistrées par le pôle emploi) est en hausse au 2e trimestre et se stabilise au 3e trimestre. Autrement dit, la main d'œuvre commence à manquer dans ces secteurs.
Dans l'industrie, le bâtiment et la construction les tensions augmentent d'une manière significative au 3e trimestre. C'est le cas notamment pour les ouvriers qualifiés, les agents de maîtrise et les techniciens du bâtiment, de la mécanique et de l'électronique (Dares Indicateurs, n°86).
4.1.4. Croissance du PIB et de l'emploi
4.2. Emploi salarié : évolutions par branche d'activité
4.2.1. Variations trimestrielles en nombre d'emploi
9. Variation trimestrielle de l'emploi salarié (en milliers de personnes, données CVS)
4.2.2. Taux de croissance trimestriel par branche
10. Variation trimestrielle de l'emploi salarié (en milliers de personnes, données CVS)
4.2.3. Variation annuelle de l'emploi par branche
11. Evolution annuelle des variations de l'emploi
Au total, l'économie a créé 109 000 emplois pendant les 9 premiers mois de 2010.
L'industrie apparaît toujours en déficit avec une perte de 66 000 emplois alors que les services continuent d'en créer.
Ce sont les services marchands qui ont le plus contribué à cet accroissement de l'emploi tandis que les services non marchands continuent de progresser lentement de 0,2% par trimestre.
Dans l'administration, l'emploi a décliné entre 2006 et mi-2008 avant de reprendre une hausse jusqu'à 2010.
4.3. Les heures supplémentaires
4.3.1. Evolution trimestrielle des heures supplémentaires
Le nombre d'heures supplémentaires au 3e trimestre est de 177 millions contre 175 millions le trimestre précédent, soit une progression de 2 millions d'heures (+1,2% en croissance trimestrielle).
Le volume des heures supplémentaires est équivalent à 110 000 emplois à temps plein (1607 heures/an). Ce nombre correspond à 0,4% de la population active. Ceci revient à dire que le volume des heures supplémentaires correspond à 0,4 point du taux de chômage.
Le montant des exonérations de charges sociales des heures supplémentaires (loi TEPA) a légèrement augmenté (1,1%) au 3e trimestre après une forte hausse le trimestre précédent (5,8%). Le montant atteint 727 millions d'euros.
Ce montant est en hausse de 26% par rapport au 4e trimestre 2007 (l'année de l'entrée en vigueur de la loi TEPA : loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat en vigueur le 1er octobre 2007).
4.3.2. Evolution du nombre d'heures supplémentaires par salarié
Le nombre moyen d'heures supplémentaires calculé par la DARES correspond au rapport entre les heures supplémentaires déclarées par les entreprises et l'effectif salarié à temps complet. Il s'agit donc d'une moyenne par tête et non pas par salarié ayant effectué des heures supplémentaires.
Au 3e trimestre, en moyenne, un salarié à temps plein en France effectue 10,2 heures supplémentaires rémunérées par trimestre. Cette moyenne est stable par rapport au 2e trimestre.
Dans les entreprises à durée collective supérieure à 35 heures, le nombre d'heures supplémentaires est de 28 heures par trimestre en moyenne par salarié, soit la même durée que le trimestre précédent.
Si l'on compare l'année 2010 et l'année 2009, les salariés français ont effectué plus d'heures supplémentaires en moyenne. Le nombre de ces heures a progressé de 7,5% en moyenne.
4.4. Le chômage
4.4.1. Taux de chômage
Le taux de chômage se stabilise à 9,3% au 3e trimestre 2010 contre 9,5% au début de l'année.
Alors que le chômage des hommes continue sa diminution pour le troisième trimestre consécutif, celui des femmes a augmenté. Le taux de chômage des hommes passe sous la barre des 9% et celui des femmes se rapproche des 10%.
La stabilisation du chômage résulte de deux forces contradictoires : la hausse du nombre de demandeurs d'emploi sous l'effet démographique notamment ; et la création d'emplois. Ces deux forces se neutralisent quasiment au 3e trimestre. Plus exactement, le nombre de chômeurs a augmenté de 1000 personnes.
Il faut noter que cette hausse du chômage, bien qu'elle soit marginale, marque la rupture de la tendance à la baisse entamée depuis le début de l'année 2010.
4.4.2. Taux de chômage par sexe et âge des chômeurs
12. Taux de chômage par sexe et âge
Le chômage des jeunes repart à la hausse et affiche un taux de 24,2% selon les prévisions de l'INSEE. Si cette prévision se confirme, cela sera le taux le plus élevé jamais enregistré par les statistiques de l'INSEE.
La population au chômage a augmenté légèrement (+1000 personnes) au 3e trimestre pour atteindre le nombre de 2,631 millions (chômage au sens du BIT). C'est la première hausse enregistrée depuis le début de l'année.
Plus généralement, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, B, C (voir les explications ci-dessous) a dépassé la barre symbolique de 4 millions de personnes en novembre. Après une baisse de 14000 demandeurs en octobre, les mois de novembre et décembre enregistrent des hausses de 34000 et 33000 personnes, soit +0,8% par mois.
4.5. Demandeurs d'emploi
4.5.1. Evolution du nombre de demandeurs d'emploi par catégorie
4.5.2. Croissance mensuelle des demandeurs d'emploi en 2010
13. Nombre de demandeurs d'emploi en 2010
Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas du tout travaillé au cours du mois de référence, a augmenté de 0,2% en septembre. Malgré une baisse significative en octobre, le nombre de demandeurs augmente en novembre et décembre à 2,7 millions de personnes. Il faut remonter à 1999 pour retrouver un tel niveau.
La hausse de la demande d'emploi doit être prise comme une nouvelle réjouissante. Elle démontre la vitalité du marché de travail et par-dessus tout, la dynamique du principal facteur de croissance qui est le travail. A condition bien évidement que la machine économique soit en capacité de transformer cette force de travail en force créatrice de richesse en non pas en chômage.
5. Pouvoir d'achat, salaires, inflation
5.1. Taux d'inflation
14. Evolution de l'indice des prix à la consommation
Les prix à la consommation ont tendance à augmenter ces derniers mois notamment en décembre. Après une quasi stabilité entre septembre et novembre, l'indice des prix hors tabac a bondi de 0,4% en décembre. En glissement annuel, le taux d'inflation affiche 1,7% en fin d'année.
La hausse généralisée des prix s'explique en partie par les tensions sur le marché des matières premières et des produits alimentaires. L'impact de la spéculation sur les prix est sans doute réel, comme le laisse entendre la Commission Européenne. Mais, il ne faut pas perdre de vue les fondamentaux de l'économie : en cette fin de crise, certaines économies comme les pays émergents tirent la demande mondiale alors que l'offre s'ajuste progressivement après une réduction significative des capacités de production en 2010.
L'enjeu de la hausse des prix est capital notamment en ce qui concerne la politique monétaire européenne. La BCE a laissé inchangé son taux directeur à 1% en janvier 2011 malgré une inflation en hausse à 2,4% en Europe. Cette décision est rassurante sachant que les politiques budgétaires européennes virent vers le durcissement.
5.2. Salaires et pouvoir d'achat
5.2.1. Croissance du salaire mensuel brut et du salaire horaire des ouvriers
Sur les 9 premiers mois de 2010, le pouvoir d'achat du SMB, autrement dit le salaire moyen de l'ensemble des catégories socioprofessionnelles, enregistre une légère hausse de 0,2%.
Au 3e trimestre, le salaire mensuel de base (SMB) et le salaire horaire de base ouvrier (SHBO) ont augmenté de 0,3% tandis que l'inflation était négative selon les estimations de l'INSEE. Le pouvoir d'achat a ainsi augmenté de 0,4%. En revanche, au 2e trimestre, la situation était inverse : le salaire a augmenté moins vite que l'inflation induisant une perte du pouvoir d'achat de -0,4%.
5.2.2. Le pouvoir d'achat du salaire
15. Le pouvoir d'achat (2006-2009 : croissance annuelle, 2009-2010 : croissance trimestrielle)
Avec une inflation qui augmente en fin d'année, le pouvoir d'achat moyen devrait se maintenir voire reculer.
5.2.3. Le pouvoir d'achat du Revenu disponible brut
Le pouvoir d'achat du revenu disponible brut (revenu après imposition et incluant les prestations sociales) progresse de 0,7% au 3e trimestre 2010.
Par unité de consommation, le pouvoir d'achat calculé par l'Insee n'a augmenté que de 0,5% au 3e trimestre.








Tél. (+33) 3.20.47.15.24