Les indicateurs de la conjoncture économique et sociale. 1er trimestre 2011



Les indicateurs de la conjoncture économique et sociale

1er trimestre 2011


1. LA CROISSANCE ECONOMIQUE (EVOLUTION DU PIB)

1.1. Le taux de croissance annuelle du PIB
1.2. Les prévisions de croissance
1.3. Le taux de croissance trimestrielle

2. EVOLUTION DE LA PRODUCTION PAR SECTEUR

2.1. La production industrielle

2.1.1. Taux de croissance trimestrielle
2.1.2. Taux de croissance annuelle

2.2. La branche des services marchands

2.2.1. Taux de croissance trimestrielle
2.2.2. Taux de croissance annuelle

2.3. La branche agriculture

2.3.1. Taux de croissance trimestrielle
2.3.2. Taux de croissance annuelle

3. PRODUCTIVITE ET COUTS

4. DEMOGRAPHIE ET ACTIVITE DES ENTREPRISES

4.1. Les créations d'entreprises

4.1.1. Evolution du nombre de créations d'entreprises
4.1.2. Evolution trimestrielle des créations d'entreprises
4.1.3. Le poids des branches

4.2. Défaillances d'entreprises

4.2.1. Evolution annuelle
4.2.2. Evolution mensuelle
4.2.3. Evolution trimestrielle
4.2.4. Evolution annuelle par secteur d'activité

4.3. La valeur des commandes reçues par les entreprises industrielles

4.3.1. Evolution de l'indice des commandes reçues
4.3.2. Evolution par branche industrielle

5. LE MARCHE DU TRAVAIL

5.1. L'emploi salarié : vue globale

5.1.1. Evolution du nombre d'emplois
5.1.2. Taux de croissance de l'emploi
5.1.3. Croissance du PIB et de l'emploi

5.2. Emploi salarié : évolutions par branche d'activité

5.2.1. Variations trimestrielles en nombre d'emplois
5.2.2. Taux de croissance trimestrielle par branche

5.3. Les heures supplémentaires

5.3.1. Evolution trimestrielle des heures supplémentaires
5.3.2. Evolution du nombre d'heures supplémentaires par salarié

5.4. Le chômage

5.4.1. Taux de chômage
5.4.2. Taux de chômage par sexe et âge des chômeurs

5.5. Demandeurs d'emploi

5.5.1. Evolution du nombre de demandeurs d'emploi par catégorie
5.5.2. Croissance mensuelle des demandeurs d'emploi en 2010

6. POUVOIR D'ACHAT, SALAIRES, INFLATION

6.1. Taux d'inflation
6.2. Salaires et pouvoir d'achat

6.2.1. Croissance du salaire mensuel brut et du salaire horaire des ouvriers
6.2.2. Le pouvoir d'achat du salaire
6.2.3. Le pouvoir d'achat du Revenu disponible brut

 

 

1. La croissance économique (évolution du PIB)
1.1. Le taux de croissance annuelle du PIB


Ce premier trimestre de 2011 est bien engagé. La croissance économique affiche 1% et les chiffres de l'emploi montrent clairement un redressement entamé déjà l'année dernière. Les déclarations d'embauche supérieures à 1 mois ont augmenté de 3,3%, soit un nombre de créations d'emplois qui dépasse le niveau d'avant crise selon les URSSAF.
Cette reprise de l'activité économique devrait se poursuivre selon les dernières prévisions de croissance. Pour la plupart des pays, les prévisions sont optimistes à l'exception du Japon qui devra faire face au coût de la catastrophe du début de l'année.
En Europe, les situations sont contrastées: une reprise rapide au nord et lente au sud. Les difficultés financières de la Grèce et du Portugal fragilisent l'ensemble de la zone euro.
Le pacte de compétitivité proposé par la Commission européenne risque de fragiliser la croissance européenne et renforcer encore les contrastes entre les pays. Ceux qui bénéficient des avantages compétitifs au commerce international devront tirer leur épingle du jeu, tandis que les pays, comme la France, dont la croissance repose plus sur la demande interne, risquent un retournement conjoncturel. Le durcissement monétaire décidé par la BCE est un autre facteur qui pourrait désavantager la demande interne. L'inflation qui ne recule pas grève le pouvoir d'achat des ménages. Tous ces indicateurs démontrent qu'un risque pèse sur la demande interne.
Ces risques sur la croissance en Europe montrent bien que la reprise économique enregistrée depuis quelques trimestres n'est pas due à la solidité de l'économie européenne ; pas plus d'ailleurs à celle de l'économie mondiale. En réalité cette reprise est dopée depuis trois ans par la relance budgétaire et monétaire en même temps. Au moment où les USA ont fait le choix de poursuivre cette politique, les européens ont fait le choix inverse. Les résultats se traduisent par une différence des taux de croissance d'un point de PIB au désavantage de l'Europe.

1.2. Les prévisions de croissance


1.3. Le taux de croissance trimestrielle


Au 1er trimestre, le PIB a progressé de 1% par rapport au 4e trimestre 2010 et de 2,2% en glissement annuel (par rapport au même trimestre de l'année dernière).

L'investissement est le facteur qui a le plus contribué à cette croissance avec une progression de 1,1%. L'investissement des entreprises non financières a progressé de 1,9%.
La consommation des ménages a aussi fortement augmenté, soit 0,6% contre 0,4% le trimestre précédent, et cela malgré l'inflation.
Le commerce extérieur a contribué négativement à la croissance au 1er trimestre après une contribution positive au trimestre précédent.

Soulignons enfin l'impact de la variation des stocks sur la croissance économique. Cet impact est positif et correspond à 0,7 point de PIB. Cela signifie qu'une partie de la production des entreprises est destinée à la reconstitution des stocks pour répondre à l'accroissement de la demande réelle (commandes fermes) ou escomptée. Cette interprétation de la variation des stocks est confirmée par l'état d'esprit des chefs d'entreprises que l'enquête mensuelle mesure par l'indicateur du climat des affaires. En avril et en mai, cet indicateur s'élève au-dessus de sa moyenne de long terme, ce qui veut dire que les projections des entreprises sont positives.

Les contributions par secteur d'activité montrent que l'industrie est le secteur qui a tiré la croissance au 1er trimestre. La production industrielle a progressé de 3%. Ce taux est le plus élevé qui a été enregistré depuis l'année 2000 au moins.




2. Evolution de la production par secteur
2.1. La production industrielle
2.1.1. Taux de croissance trimestrielle



La production industrielle progresse de 3%. Il faut remonter au 4e trimestre de 1999 pour retrouver une croissance trimestrielle équivalente.
En glissement annuelle (par rapport au 1er trimestre 2010), le volume de la production industrielle a progressé de 5,5% après 4,3% au dernier trimestre de 2010. A l'exception de l'agro-alimentaire où la production n'a augmenté que de 0,3%, toutes les principales branches ont eu des taux de croissance autour de 3%. La fabrication de matériels de transport sort du lot avec 3,9% de croissance après 4,5% le trimestre précédent. Cette croissance est réalisée exclusivement sur le marché français puisque les exportations des matériels de transport ont reculé de 3,5%.
En revanche, l'activité des biens d'équipement dont la production est portée à +2,3% est tirée par les exportations qui ont progressé de 3,7%. La quasi-totalité de la production de cette branche est exportée.
Malgré cette forte croissance au 1er trimestre, le niveau de la production industrielle est loin de rattraper celui d'avant crise.
Mais, selon les chiffres de la DARES, la diminution de l'emploi salarial dans l'industrie marque un arrêt après une diminution continue depuis 2001. Parallèlement, le nombre d'heures supplémentaires et l'intérim reculent.


2.1.2. Taux de croissance annuelle




2.2. La branche des services marchands
2.2.1. Taux de croissance trimestrielle


A l'instar de l'industrie, la branche de services marchands a enregistré une forte croissance au 1er trimestre : 1,5% après 0,5% au trimestre précédent.
En glissement annuel, le taux de croissance dans les services marchands est de 3,3%, soit les niveaux constatés au plus haut niveau du cycle économique avant la crise. D'ailleurs, ce trimestre marque un niveau de production trimestrielle historique dans les services.

Les branches qui ont contribué à cette forte croissance sont la finance, les services aux entreprises et les services d'information et de communication avec plus de 2% de croissance. Le commerce, deuxième branche de services en termes de poids après les services aux entreprises, a aussi enregistré une bonne performance mais moins que les autres branches (1,4% contre 1,5% en moyenne dans les services).

L'emploi tertiaire, selon les chiffres de la DARES, a progressé de 0,4% soit une progression moins forte que celle de la production. En revanche, l'intérim et les heures supplémentaires ont enregistré une forte progression, ce qui a impacté la progression de l'emploi salarial dans les services.


2.2.2. Taux de croissance annuelle



2.3. La branche agriculture
2.3.1. Taux de croissance trimestrielle



La production agricole enregistre sa plus forte progression depuis 2008. Elle augmente de 0,6% par rapport au dernier trimestre de 2010. En glissement annuel, le taux de croissance reste faible, soit 0,6%.
La particularité du secteur agricole est le fait que la production a continué de chuter jusqu'à mi 2010 alors que les autres secteurs ont amorcé une reprise à partir de 2009.
Il faut rappeler que l'agriculture n'a pas bénéficié des mesures de relance budgétaire contrairement à l'industrie ou aux services. De plus, la concurrence internationale fait peser une forte pression sur les prix. Par conséquent, la production agricole a pris du retard par rapport au reste de l'activité économique. Ce premier trimestre, elle bénéficie de la forte reprise de la demande interne. Par contre, la demande étrangère pour les produits agricoles français a reculé de 0,3% au 1er trimestre après une hausse de 2,6% le trimestre précédent.


2.3.2. Taux de croissance annuelle



3. Productivité et coûts

Les chiffres de la productivité au 1er trimestre ne sont pas encore publiés. Nous reproduisons donc les chiffres du précédent trimestre.
La productivité dans le secteur des entreprises non financières a progressé durant toute l'année 2009 et sort de la zone rouge à partir du 2e trimestre de 2009. Elle se maintient à un niveau élevé (+1%) jusqu'à la fin de l'année.
En 2010, elle baisse tout en restant positive. Cette évolution contrastée entre 2009 et 2010 s'explique par l'ajustement du marché du travail qui a suivi deux tendances :
- L'emploi diminue fortement par rapport à la valeur ajoutée en 2009, ce qui a poussé la productivité et ;
- Un rattrapage de l'emploi en 2010 faisant reculer la productivité.
La courbe du coût salarial (incluant les charges patronales) reflète celle de l'emploi. Il diminue en 2009 avant de progresser légèrement à partir du début 2010. Au dernier trimestre 2010, la productivité passe en dessous du coût salarial.
Le même phénomène mais avec plus d'ampleur est constaté dans les entreprises manufacturières. Une progression très rapide de la productivité est constatée en 2009 couplée avec une chute du coût salarial. En 2010, la productivité moyenne diminue avec la croissance des salaires.



Dans l'industrie (graphique 2), l'échelle de variation entre le salaire et la productivité est plus large comparativement aux services (le champ du graphique 1 inclut les services hors la finance). Les entreprises industrielles redistribuent une partie des gains de productivité en salaires ce qui fait varier fortement l'écart entre la productivité et le salaire ; tandis que dans les services l'ajustement se fait du côté de l'emploi : les entreprises de services embauchent ce qui maintient une lente progression du salaire moyen et de la productivité moyenne.
Pour rétablir la productivité quand la valeur ajoutée diminue, les entreprises industrielles diminuent le salaire moyen par le licenciement des salariés les plus coûteux (plus âgés et plus anciens) et en réduisant les primes liées à la productivité (part variable du salaire).


4. Démographie et activité des entreprises
4.1. Les créations d'entreprises
4.1.1. Evolution du nombre de créations d'entreprises



Les créations d'entreprises (hors auto-entrepreneurs) reculent au 1er trimestre 2011. C'est la première fois que ce recul est enregistré depuis le dernier trimestre 2009. La baisse est importante, soit -4,5% par rapport au trimestre précédent. Mais en glissement annuel, la tendance reste positive puisque le nombre de créations est supérieur de 2,7% à celui du 1er trimestre 2010.
En incluant les auto-entrepreneurs, la diminution est beaucoup plus importante : - 6,3%. Les créations d'auto-entreprises ont diminué plus fortement que celles des entreprises classiques.
Au mois d'avril, la chute est encore plus importante. Le nombre de créations diminue de 23% par rapport au mois de mars.


4.1.2. Evolution trimestrielle des créations d'entreprises


4.1.3. Le poids des branches

A l'exception de l'immobilier et de la finance, toutes les autres branches ont enregistré un recul des créations d'entreprises avec des variations plus au moins importantes.
Dans les services aux ménages, on a créé moins de 30% d'entreprises que le quadrimestre dernier. Dans l'industrie, c'est 20% de moins.
Précisions que ces mouvements de baisse ne signifient pas une diminution du nombre d'entreprises. Le nombre d'entreprises créées augmente mais moins vite qu'au précédent quadrimestre.


4.2. Défaillances d'entreprises
4.2.1. Evolution annuelle



Les derniers chiffres, publiés en mai 2011, concernent les défaillances enregistrées en novembre 2010. Pendant ce mois, le nombre de défaillances s'est stabilisé.
Sur les 11 mois de l'année 2010, le nombre de défaillances est en baisse de 4,6% par rapport à la même période de l'année 2009.
Cette évolution de la sinistralité des entreprises reflète le climat global des affaires. La reprise constatée en 2010 et qui se confirme au 1er semestre 2011 offre un climat favorable à l'activité des entreprises. Les exportations en progression ont eu un impact sur la survie des entreprises exposées au commerce international, notamment les entreprises industrielles.
En revanche, on observe une hausse de la sinistralité au 3e trimestre. Il faut attendre les chiffres de fin d'année pour en tirer une conclusion sur la tendance annuelle.


4.2.2. Evolution mensuelle



4.2.3. Evolution trimestrielle



4.2.4. Evolution annuelle par secteur d'activité


Toutes les activités ont enregistré une baisse des défaillances d'entreprises sauf dans la finance et les services sociaux. La situation n'a quasiment pas évolué entre août et novembre dans ces deux branches puisque nous avons relevé le même constat dans notre note de conjoncture précédente.
L'industrie et l'immobilier continuent à enregistrer une baisse très significative de la sinistralité (baisse de 12 à 21%). Les exportations ont boosté la production de certaines branches industrielles tandis que le marché de l'immobilier en effervescence a permis à un plus grand nombre d'entreprises à se maintenir dans le marché.


4.3. La valeur des commandes reçues par les entreprises industrielles
4.3.1. Evolution de l'indice des commandes reçues


L'indice des commandes se maintient à un niveau élevé et est en progression de 0,4% par rapport au dernier trimestre de 2010. Sur un an d'évolution, les commandes ont augmenté de 15% (par rapport au 1er trimestre 2010).

L'amélioration de cet indice confirme donc la consolidation de la demande. Cela est dû en grande partie à une nette augmentation des commandes à l'exportation notamment en zone euro. La demande étrangère adressée aux entreprises manufacturières françaises est en hausse de 18% et celle provenant de nos voisins européens de 14% en 2010. Les exportations en dehors de l'Europe devraient donc augmenter plus vite que les exportations à l'intérieur de l'Europe.

Le rythme de progression des commandes en provenance de l'Europe a baissé au 1er trimestre tout en restant positif, soit 4,1% contre 7,8% le trimestre précédent, soit 7,8%.

La hausse des commandes a profité à l'industrie des biens intermédiaires et des biens durables avec des progressions de 10 à 20%. Les biens d'équipements électroniques et électriques ont aussi vu leurs commandes progresser à un taux significatif (de 6,5%à 17%)
En revanche, la fabrication de matériels de transport (automobile et autres matériels de transport) a subi une chute des commandes de -7,6 à -30%. Ces tendances se traduisent dans l'évolution de la production que nous avons présentée plus haut.


4.3.2. Evolution par branche industrielle



5. Le marché du travail
5.1. L'emploi salarié : vue globale
5.1.1. Evolution du nombre d'emplois



A la date de rédaction de cette note (30 mai), l'INSEE n'a pas encore publié les chiffres de l'emploi du 1er trimestre 2011. Les chiffres dont nous disposons sont ceux de la DARES et ils concernent uniquement l'emploi salarié hors intérim et emploi agricole.
Ces derniers chiffres montrent une progression de l'emploi salarial de 0,4% au 1er trimestre contre 0,2% au trimestre précédent (4e trimestre de 2010). C'est la plus forte progression de l'emploi depuis fin 2006. On peut donc dire que l'emploi redémarre mais à un rythme inférieur à celui de la croissance économique (1% au 1er trimestre pour le PIB contre 0,4% pour l'emploi).


5.1.2. Taux de croissance de l'emploi



5.1.3. Croissance du PIB et de l'emploi

Le nombre de créations nettes d'emplois au 4e trimestre est de 47000, soit le même nombre qu'au 3e trimestre. Sur l'ensemble de l'année 2010, l'économie a créé 176000 emplois alors qu'elle en a détruit 333000 en 2009.
Le bilan de 2010 fait apparaître deux tendances marquantes :
1) l'économie renoue avec les créations d'emplois et à ce titre la France fait mieux que la moyenne européenne (le taux de chômage en 2010 progresse de 0,3 point en France contre 0,5 point dans la zone euro);
2) la croissance économique crée moins d'emplois comparativement aux années précédentes.
De ces deux tendances découlent une conséquence majeure : la productivité en France croît vite (voir ci-contre). Les entreprises ont plutôt favorisé la productivité que l'emploi. Dans les entreprises industrielles, elle a augmenté de 1,4% en moyenne alors que le salaire moyen n'a augmenté que de 0,9% (cf. plus haut).





5.2. Emploi salarié : évolutions par branche d'activité
5.2.1. Variations trimestrielles en nombre d'emplois


L'industrie perd moins d'emplois au 4e trimestre comparativement aux trimestres précédents. La baisse des destructions d'emplois concerne toutes les branches industrielles.
Concernant les services marchands, la création d'emplois est moins vigoureuse. Toutes les branches ont créé moins d'emplois sauf dans le transport et le commerce. Traditionnellement, la productivité dans ces deux dernières branches est moins forte. Une faible croissance de la production s'accompagne mécaniquement par des créations d'emplois. Dans les activités financières où la productivité est plus élevée, l'emploi n'a augmenté que de 0,2% alors que la production a augmenté de 0,7%.


5.2.2. Taux de croissance trimestrielle par branche



5.3. Les heures supplémentaires
5.3.1. Evolution trimestrielle des heures supplémentaires


On constate une baisse du nombre d'heures supplémentaires (-4,4%) au 1er trimestre. Cette baisse intervient pour la première fois après 3 trimestres de hausse continue.
Cette baisse semble suivre un cycle. En effet, on remarque que le nombre d'heures supplémentaires diminue au 1er trimestre de chaque année. Ceci est le cas en 2009, en 2010 et en 2011.
Mais la série statistique des heures supplémentaires est récente et ne permettant pas de conclure à un effet cyclique, surtout que 2009 est une année de crise. L'observation ne se limite donc qu'à 2010 et 2011.
La décrue des heures supplémentaires peut aussi s'expliquer par l'effet des créations d'emplois. On pourrait voir en la forte (mais relative) progression de l'emploi un effet de substitution des heures supplémentaires par des embauches. Les chiffres de l'ACCOS montrent en effet une forte reprise des embauches au 1er trimestre.
Parallèlement à la diminution du nombre d'heures supplémentaires, le montant des exonérations de charges sociales des heures supplémentaires (loi TEPA) a diminué de 26 millions d'euros,
soit -3,5%.


5.3.2. Evolution du nombre d'heures supplémentaires par salarié


Le nombre moyen d'heures supplémentaires comptabilisé par la DARES correspond au rapport entre les heures supplémentaires déclarées par les entreprises et l'effectif salarié à temps complet. Il s'agit donc d'une moyenne par tête et non pas par salarié ayant effectué des heures supplémentaires.
Au 4e trimestre, en moyenne, un salarié à temps plein en France effectue 11,3 heures par trimestre contre 10 heures le trimestre précédent (+11%).
Dans les entreprises à durée collective du travail supérieure à 35 heures, le nombre d'heures supplémentaires est de 30,2 heures par trimestre en moyenne par salarié, soit plus de 2 heures en moyenne en plus par salarié comparativement au 3e trimestre (+7,8%).
Si l'on compare l'année 2010 et l'année 2009, les salariés français ont effectué plus d'heures supplémentaires en moyenne : +10,7% en moyenne annuelle par salarié à temps complet.


5.4. Le chômage
5.4.1. Taux de chômage


Au 1er trimestre, le taux de chômage devrait baisser suite à la baisse du nombre de demandeurs d'emplois et à la progression des créations d'emplois. Nous n'avons pas les chiffres définitifs à fin mai. Les chiffres sur le taux de chômage, harmonisés et publiés par Eurostat, font apparaître une baisse de 0,1 point.
Rappelons que le taux de chômage a baissé légèrement à 9,2% au 4e trimestre contre 9,5% au début de l'année (chiffres publiés par l'Insee au mois de février 2011).
Cette légère baisse du chômage ne concerne pas toutes les catégories sociales. Le chômage des femmes a augmenté (9,9% contre 9,7% au trimestre précédent) alors que celui des hommes a baissé de 0,5 point en un trimestre.

5.4.2. Taux de chômage par sexe et âge des chômeurs



La baisse du chômage ne concerne pas toutes les catégories sociales. Le chômage des femmes a augmenté (9,9% contre 9,7% au trimestre précédent) alors que celui des hommes a baissé de 0,5 point en un trimestre.
Le chômage des jeunes diminue de 2 points : 22,3% après le chiffre historique de 24,2% le trimestre dernier.
Le nombre de chômeurs a baissé de 49000 personnes après une progression le trimestre dernier de 1200 personnes. On comptabilise ainsi 2,602 millions de personnes au chômage (chômage au sens du BIT).
Le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C (voir les explications ci-dessous) se maintient au-dessus de la barre symbolique de 4 millions de personnes en décembre selon les statistiques de la DARES. Leur nombre a augmenté de 0,6% en décembre 2010 et diminue de 0,1% au début de l'année 2011 (voir ci-après).


5.5. Demandeurs d'emploi
5.5.1. Evolution du nombre de demandeurs d'emploi par catégorie




5.5.2. Croissance mensuelle des demandeurs d'emploi en 2010


Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas du tout travaillé au cours du mois de référence, a diminué de 0,4% en avril et celui des catégories A,B et C a diminué de 0,2%. Cette baisse est la quatrième depuis le début de l'année.
Depuis le début de l'année, le nombre de demandeurs de catégorie A a reculé de 2% et celui des catégories A,B et C de 0,2%.


6. Pouvoir d'achat, salaires, inflation
6.1. Taux d'inflation


L'inflation ne recule pas. Les prix ont encore augmenté en avril (+0,3%) après une forte augmentation en mars. Le taux d'inflation en avril s'élève ainsi à 2,1%. C'est le taux le plus élevé depuis octobre 2008.
La hausse généralisée des prix s'explique en partie par les tensions sur le marché des matières premières notamment du pétrole et des produits alimentaires. Certes, la spéculation a un impact réel sur les prix mais la reprise de l'économie mondiale, notamment dans la région d'Asie, et les turbulences géopolitiques tirent les prix vers le haut.


6.2. Salaires et pouvoir d'achat
6.2.1. Croissance du salaire mensuel brut et du salaire horaire des ouvriers


Les chiffres de 2011 ne sont pas encore publiés. Nous reproduisons ici les chiffres du dernier trimestre de 2010.
En 2010, le pouvoir d'achat du SMB, autrement dit le salaire moyen de l'ensemble des catégories socioprofessionnelles, enregistre une légère hausse de 1,8%. Avec une inflation de 1,5% en moyenne annuelle, le SMB n'a réellement augmenté que de 0,3% sur un an.


6.2.2. Le pouvoir d'achat du salaire


Au 4e trimestre, le salaire mensuel de base (SMB) et le salaire horaire de base ouvrier (SHBO) ont augmenté respectivement de 0,3% et 0,2% tandis que les prix ont augmenté de 0,4% par rapport au 3e trimestre. Le pouvoir d'achat rentre dans la zone négative. Les projections pour le premier trimestre confirment la dégradation du pouvoir d'achat des ménages. Il faut une croissance du salaire supérieure à 0,7% pour compenser la hausse des prix enregistrée au 1er trimestre. Nous attendons les chiffres sur les salaires qui doivent être publiés en juin-juillet.


6.2.3. Le pouvoir d'achat du Revenu disponible brut

Le pouvoir d'achat du revenu disponible brut (revenu après imposition et incluant les prestations sociales) progresse de 0,3% au 4e trimestre 2010. Les chiffres du premier trimestre 2011 ne sont pas disponibles à cette date. Mais vu l'inflation, ils risquent de ne pas être positifs.